Les tableaux de bord qui flattent ne m'intéressent pas. Ce que je cherche, ce sont les chiffres qui me gênent juste assez pour me pousser à changer quelque chose dès la semaine suivante.
C'est précisément le rôle de « Your week in review » dans Singularity : un bilan hebdomadaire qui s'affiche de lui-même et me dit franchement ce que j'ai produit, de quelle manière, et à quel prix. Le but n'est pas de me coller une note, mais de m'indiquer une direction.
Pourquoi gamifier le travail d'un développeur
Si la gamification traîne une mauvaise réputation, c'est qu'on l'a trop souvent ramenée à des badges sans intérêt. Ici, la logique est renversée : il ne s'agit pas de récompenser l'activité, mais de rendre le progrès visible. Un développeur qui voit sa courbe progresser ajuste son comportement de lui-même — sans manager derrière son épaule, sans objectif imposé d'en haut.
Singularity ne me réclame jamais de « faire plus ». Il me montre concrètement ce que « mieux » signifie, chiffres à l'appui, et me laisse en tirer mes propres conclusions.
Produire plus, mais produire mieux
La semaine du bilan ci-dessus raconte une histoire précise. 361 tickets ouverts (+73 %), mais seulement 98 bugs corrigés (−62 %). Au premier regard, on pourrait croire que je corrige moins. La vérité est l'inverse : j'ouvre de plus en plus de tickets de feature, et de moins en moins de tickets de bug.
Moins de bugs à corriger, ce n'est pas moins de travail : c'est le signe d'un code qui s'assainit. La gamification de Singularity met cette tendance noir sur blanc, semaine après semaine, là où d'habitude on ne la « sent » que vaguement.
C'est ça, « produire plus mais produire mieux » : la quantité de valeur livrée monte pendant que la quantité de dette qu'on doit éponger descend.
La métrique qui dit la vérité : combien de fois je rouvre un ticket
Parmi toutes les statistiques affichées à l'écran, la première que je consulte, ce sont les « round trips » : le nombre de fois où je rouvre un ticket pour le relancer. Sur cette semaine, 0,4 aller-retour en moyenne, avec un pic à 9 sur le ticket F-360.
Un ticket rouvert neuf fois, ce n'est pas une IA qui a échoué neuf fois. C'est une tâche que j'ai mal cadrée : périmètre flou, critères d'acceptation imprécis, contexte manquant. Le round trip est le miroir le plus honnête de ma propre rigueur en amont. Plus mon ticket est net, moins j'ai à y revenir.
La moyenne des messages par ticket (1,6) raconte la même chose sous un autre angle : un ticket bien posé se résout en une passe, pas en une conversation interminable.
Tout compte : agents, tâches, et tokens préservés
Le bilan ne se limite pas à « ce que j'ai fait ». Il comptabilise aussi qui l'a fait : sur la semaine, Claude a été sollicité 944 fois, devant Copilot, Codex, Cursor, Gemini et un modèle local Ollama. Visualiser la répartition réelle entre agents, c'est saisir où chaque IA est la plus pertinente — et cesser d'envoyer machinalement tout au même modèle.
Et puis il y a la ligne qui me tient le plus à cœur : les économies RTK. RTK (Rust Token Killer) filtre la sortie verbeuse des commandes avant qu'elle n'atteigne le modèle. Sur cette seule semaine : 143,9 k tokens préservés, un taux d'économie de 73,6 %, sur 1 061 commandes. Des tokens que je n'ai pas payés, un contexte que je n'ai pas pollué, et un agent qui reste concentré sur l'essentiel.
Quand on orchestre plusieurs IA en parallèle toute la journée — ici jusqu'à 9 tâches simultanées au pic — ce genre d'économie n'est pas un détail. C'est la différence entre un atelier qui scale et une facture qui explose.
L'amélioration continue : pour moi, pour Singularity, pour tous
Ce bilan a trois lecteurs.
Moi d'abord. Je repère où je me disperse, quels tickets je cadre mal, quelles heures je travaille vraiment. Je corrige la semaine suivante.
Singularity ensuite. Ces métriques nourrissent le produit : si un type de ticket génère systématiquement des round trips, c'est un signal pour améliorer l'enrichissement automatique des tickets ou les profils d'agents.
Tous, enfin. Chaque utilisateur qui progresse rend l'outil meilleur pour le suivant. C'est une boucle vertueuse : mesurer, comprendre, ajuster, recommencer. La gamification n'est que le moteur qui fait tourner cette boucle sans qu'on ait besoin d'y penser.
Foire aux questions
Qu'est-ce que « Your week in review » dans Singularity ?
C'est un bilan hebdomadaire automatique de votre activité de développement : tickets terminés, bugs corrigés, tickets ouverts, heures travaillées, round trips par ticket, tokens consommés, agents IA utilisés et économies RTK. Il s'ouvre seul pour rendre votre progrès visible sans effort.
Que mesure la métrique « round trips » ?
Elle compte combien de fois vous rouvrez un même ticket pour le faire continuer. Un nombre élevé signale en général un ticket mal cadré (périmètre flou, critères imprécis) plutôt qu'un échec de l'IA. C'est un indicateur de la qualité de votre cadrage en amont.
Qu'est-ce que les économies RTK ?
RTK (Rust Token Killer) filtre la sortie verbeuse des commandes (builds, tests, git, etc.) avant qu'elle n'atteigne le modèle. Le bilan affiche les tokens préservés, le taux d'économie et le nombre de commandes filtrées sur la semaine — souvent 60 à 90 % de réduction sur les opérations courantes.
La gamification impose-t-elle des objectifs de productivité ?
Non. Singularity ne fixe aucun quota. Le bilan rend le progrès visible et laisse chacun en tirer ses conclusions. L'objectif est l'amélioration continue, pas la pression chiffrée.
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